Préparer l’éventualité d’une césarienne

Même si ce n’est pas forcément ton projet, il est très intéressant de préparer en amont l’éventualité d’une césarienne. En France, environ 20 % à 25 % des naissances se déroulent par césarienne, et il s’agit d’une intervention chirurgicale majeure qui peut avoir des répercussions importantes sur le post-partum. Cette chirurgie impacte notamment la récupération physique, l’allaitement, le microbiote du bébé et le vécu émotionnel des parents. Mieux comprendre cette éventualité permet de l’aborder avec plus de sérénité et de faire des choix éclairés.

Dans certaines maternités, un grand soin est apporté pour que les naissances par césarienne soient vécues de manière consciente et respectée.

Une césarienne plus respectueuse

Certaines adaptations permettent de rendre la césarienne plus douce et respectueuse. Ces pratiques ne sont pas systématiques et il est important d’en discuter en amont avec l’équipe médicale. Par exemple, tu peux être active pendant l’intervention en poussant au moment de la naissance de ton bébé. Dans certaines maternités, il est également possible d’assister à la sortie du bébé en demandant à l’équipe de baisser le champ opératoire. Cette pratique reste peu répandue en France, mais elle peut être discutée avec l’équipe médicale.

Voici une liste de questions très précises à poser à la maternité ou à la sage-femme qui aborde le cas particulier de l’éventualité d’une césarienne.

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D’autres points peuvent être envisagés pour rendre la naissance plus respectueuse

  • Attendre le début du travail si possible : Certaines maternités acceptent d’attendre que le travail se déclenche naturellement avant une césarienne programmée. Cela permet au corps de ressentir les hormones de l’enfantement, ce qui favorise une meilleure préparation du post-partum et réduit les risques de réanimation néonatale.
  • Demander à aller le plus tard possible dans la grossesse : L’estimation du terme n’est pas toujours exacte, et il arrive qu’un bébé soit découvert prématuré lors de la césarienne.
  • Explorer les différentes façons de vivre la naissance : Par exemple, demander à enlever le champ opératoire au moment de la sortie du bébé pour le voir directement, autoriser le partenaire à observer, ou négocier la présence d’un photographe (professionnel ou membre du personnel médical). Il est également possible de demander une ambiance plus douce, avec lumière tamisée et musique apaisante.
  • Négocier un clampage tardif du cordon.
  • Demander à voir son placenta : Pour certaines femmes, cet élément est important pour marquer la naissance et la transition.
  • Favoriser le contact immédiat : Le partenaire peut être impliqué dans le peau à peau si la maman n’est pas en capacité de le faire immédiatement. L’allaitement peut également être initié dès la salle d’opération, et il est préférable que le bébé reste toujours à portée de vue de la maman.
  • Parler à son bébé en amont et tout au long de l’intervention : Puisqu’il ne reçoit pas la cascade hormonale du travail, il ne comprend pas forcément ce qui se passe. Lui parler et lui annoncer chaque étape peut l’aider à mieux vivre la transition et renforcer le lien d’attachement dès la naissance.
  • Anticiper l’allaitement en tirant son colostrum dès 37 semaines : Il peut être congelé et donné au bébé en cas de besoin après la naissance.

Impact sur l’allaitement et solutions

La montée de lait peut être plus tardive après une césarienne. Pour favoriser un allaitement fluide, il est possible de :

  • Stimuler la production lactée grâce à un massage aréolaire.
  • Anticiper en congelant du colostrum en fin de grossesse, à utiliser dans les premières heures suivant la naissance.
  • Anticiper l’accompagnement par une spécialiste de l’allaitement pour surmonter les éventuelles difficultés.
  • Adapter son alimentation avec des aliments lactogènes et des tisanes spécifiques.

Prendre en charge les premiers soins du bébé

En cas de césarienne, certains gestes médicaux peuvent être pratiqués de manière routinière alors qu’ils ne sont pas toujours nécessaires. Par exemple, l’aspiration systématique des voies respiratoires du nouveau-né est une procédure encore courante dans certaines maternités, alors qu’elle peut être douloureuse et inutile.

D’autres pratiques méritent d’être questionnées :

  • Collyre antibiotique appliqué dans les yeux alors qu’il n’est pas toujours indispensable.
  • Pesée et mesures immédiates qui peuvent attendre afin de favoriser le premier contact mère-bébé qui lui a un vrai impact pour la suite.

Préparer le post-partum après une césarienne

La césarienne étant une intervention chirurgicale majeure, elle nécessite une période de récupération adaptée. Pour faciliter cette phase, plusieurs aspects sont à prendre en compte :

  • Le repos est essentiel : Même si l’envie de reprendre un rythme normal peut être forte, il est primordial d’accorder du temps à son corps pour récupérer. L’aide de l’entourage est précieuse, notamment pour les tâches quotidiennes et les soins du bébé.
  • Le massage de la cicatrice dès les premières semaines par un.e professionnel.le est indispensable. Cela permet d’éviter la formation d’adhérences, qui peuvent provoquer douleurs, tensions et déséquilibres posturaux à long terme. Idéalement, une sage-femme, un kinésithérapeute ou un ostéopathe formé à cette technique peut accompagner cette rééducation.
  • On perd aussi plus de sang, donc il y a un risque accru d’anémie. Il est conseillé de consommer des aliments riches en fer et en vitamine C pour favoriser l’absorption du fer. Pour des conseils plus approfondis sur la nutrition en grossesse et post-partum, Maude Colin, naturopathe spécialisée dans la grossesse et le post-partum, est une excellente référence.
  • L’allaitement peut être un atout, car l’ocytocine libérée aide l’utérus à se remettre en place plus rapidement.
  • Un accompagnement émotionnel est souvent nécessaire. La césarienne, même bien préparée, peut générer des émotions contradictoires qu’il est important de verbaliser avec des professionnel.le.s ou des proches bienveillants.

Conclusion

Se préparer à une césarienne, même imprévue, permet de garder une place active dans cet enfantement et de mieux vivre le post-partum. Chaque naissance est unique, et l’essentiel est que toi et ton bébé soyez entourés de bienveillance et d’amour. Tu mérites une expérience positive et respectueuse.

Sources


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Photo : Jonathan Borba / Unsplash

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