Si tu as contracté la toxoplasmose pendant ta grossesse, tu as probablement déjà entamé un suivi spécifique. En France, le protocole impose une surveillance stricte, avec un dépistage régulier pour les femmes séronégatives. Ce suivi peut paraître contraignant et stressant, mais il est important de savoir que le risque de complications graves pour le bébé reste extrêmement faible.
Les données chiffrées sur le risque
D’après la littérature, voici quelques chiffres clés à connaître :
- Risque de transmission de la mère au fœtus selon le trimestre de grossesse :
- Au premier trimestre, il est d’environ 10 %, avec un risque accru de fausse couche.
- Au deuxième trimestre, le risque de transmission passe à environ 30 %.
- Au troisième trimestre, il atteint environ 60 %.
- Gravité de l’infection selon le trimestre : Bien que le risque de transmission soit plus faible en début de grossesse, les conséquences pour le fœtus sont généralement plus graves si l’infection survient au premier trimestre. Les atteintes peuvent inclure des complications neurologiques et oculaires. Les complications graves restent rares, avec une probabilité inférieure à 5 % pour des atteintes sévères comme une atteinte cérébrale ou oculaire.
Ces chiffres montrent que, même si le suivi peut paraître intense, la probabilité qu’une toxoplasmose congénitale entraîne des lésions graves est très faible : il faut avoir contracté la toxoplamose, que le parasite soit transmis au fœtus (entre 10 à 60 % de risque selon le trimestre) et même dans ce cas, il n’y a que 5 % de risque d’arriver à des complications rares. Bien entendu, le but n’est pas de banaliser la toxoplasmose mais de rassurer les mamans concernées, pour lesquelles le niveau de stress et d’angoisse peut être très élevé.
Ce que tu peux ressentir et comment agir
- Les émotions sont normales. Recevoir un diagnostic de toxoplasmose pendant la grossesse peut être une source de stress intense. La peur, l’angoisse et la culpabilité sont des réactions fréquentes, surtout face à un protocole médical strict. Tu peux avoir l’impression d’être seule dans cette situation, mais sache que d’autres mamans l’ont vécue et que tu n’y es pour rien. Moi-même je l’ai contractée alors que je n’avais pas de chats à la maison et que je ne mangeais pas de crudités.
- Reprendre du recul. Le risque réel de complications graves est extrêmement faible. Il est si bas que certains pays européens ne jugent même pas utile de mettre en place un dépistage systématique. Se rappeler cela peut aider à relativiser l’inquiétude face au suivi en France.
- Te connecter à ton bébé. Plutôt que de te focaliser sur l’inquiétude, essaie de cultiver un lien positif avec ton bébé : parler à ton ventre, méditer, visualiser une grossesse sereine. L’haptonomie peut être un super outil. Ces petites actions peuvent t’aider à apaiser ton mental et à retrouver confiance en ton corps.
- Chercher des témoignages rassurants. Échanger avec d’autres femmes ayant traversé la même situation peut être libérateur. Tu comprendras que la toxoplasmose pendant la grossesse est rare, mais pas exceptionnelle, et que, dans la majorité des cas, tout se passe bien.
- Changer d’accompagnement si nécessaire. Certaines sages-femmes ou professionnel.le.s de santé peuvent être très anxieux face à la toxoplasmose et te pousser vers un suivi plus médicalisé qu’il ne l’est réellement nécessaire. Une fois l’amniosynthèse réalisée et le risque écarté, il est tout à fait possible de revenir à un suivi plus physiologique, dans une maternité plus petite ou même à la maison si c’est ton souhait.
Impact des antibiotiques sur le microbiote
En France, ce qui va être recommandé en plus des écographies tous les mois et de l’amniosynthèse, c’est la prise d’antibiotiques tous les jours, jusqu’à que le risque soit écarté (souvent au moment des résultats de l’amniosynthèse).
Or, si tu prends des antibiotiques pendant plusieurs mois, ta flore intestinale sera forcément très agressée. Cela aura un impact sur celle de ton bébé également. Son microbiote se construit en bonne partie grâce au tien. Une flore affaiblie peut être liée à des problèmes digestifs, comme des coliques. Elle est aussi fortement liée aux défenses immunitaires.
Pour limiter ces effets, prend en complément des probiotiques et des aliments très riches en bonnes bactéries. De bons yaourts, des fromages, du kéfir, des légumes fermentés comme la choucroute… Tu peux aussi te faire accompagner par quelqu’un comme Maude Colin, naturopathe spécialisée sur la santé féminine.
Prendre soin de ton microbiote avant l’enfantement, surtout après une prise d’antibiotiques, fera une vraie différence pour toi et pour ton bébé.
Comparatif avec d’autres pays
En France, si une infection est suspectée, le suivi se fait généralement de façon mensuelle avec des analyses sanguines et, le cas échéant, des échographies régulières. En cas d’infection confirmée, le traitement peut inclure des antibiotiques et parfois une amniosynthèse pour évaluer la transmission fœtale. Ce protocole strict vise à détecter au plus tôt une transmission, même si le risque de complications sévères est faible.
En comparaison, dans plusieurs pays européens comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Belgique, le dépistage systématique n’est pas toujours réalisé, car le risque est jugé très faible. Au Canada, le suivi est principalement basé sur l’évaluation clinique. Il n’inclut pas systématiquement un dépistage mensuel, sauf en présence de facteurs de risque spécifiques. Ces différences montrent que, selon les protocoles nationaux, le suivi peut être moins contraignant.
Sources :
- Site de l’Assurance Maladie, Toxoplasmose : définition, symptômes et complications possibles, février 2025
- Recommandations publiques de l’HAS, décembre 2029
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Photo : Janko Ferlič / Unsplash

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