La dilatation du col de l’utérus est un processus central lors de l’enfantement. Mais comment cela fonctionne-t-il réellement, et quelles pratiques peuvent favoriser cette étape cruciale ?
Le col de l’utérus : rôle et fonctionnement
Le col de l’utérus est un organe qui joue un rôle fondamental pendant la grossesse et l’enfantement. En début de grossesse, il reste fermé et long pour protéger le bébé. À l’approche du travail, le col commence à se modifier pour permettre le passage du bébé. Ce processus de dilatation (l’ouverture du col) et d’effacement (l’amincissement du col) est une étape essentielle pour le travail.
Qu’est-ce qui favorise la dilatation du col ?
Bien qu’il n’existe pas de méthode miracle pour « accélérer » la dilatation du col, certaines pratiques peuvent être utiles pour encourager le corps à se préparer à l’enfantement :
- L’acupuncture et l’ostéopathie : Ces pratiques peuvent favoriser la relaxation, améliorer la circulation et libérer des tensions dans le bassin, facilitant ainsi l’ouverture du col.
- L’homéopathie : Certaines femmes se tournent vers des solutions homéopathiques pour apaiser le corps et favoriser une évolution harmonieuse du travail. Mais l’efficacité varie d’une personne à l’autre.
- La tisane de feuilles de framboisier : Bien que les études disponibles ne soient pas concluantes, elle est réputée pour favoriser une meilleure dilatation du col et faciliter les contractions. Elle pourrait aussi aider à réduire les douleurs de travail et améliorer la récupération post-partum.
Cependant, au-delà de ces pratiques, il y a certaines choses qui fonctionnent réellement pour encourager la dilatation et le travail à avancer :
- L’ocytocine et les contractions de travail : Ce qui fait habituellement avancer la dilatation, c’est le travail lui-même. Les contractions de travail, activées par la production naturelle d’ocytocine, sont ce qui permet au col de s’ouvrir progressivement. C’est la seule chose qui marche vraiment dans la majorité des cas. Le corps a besoin de ce processus naturel pour progresser.
Pratiques qui aident à « débloquer » le processus
- Rire : Il est prouvé que l’humour et le rire peuvent aider à détendre le corps, réduire le stress, libérer des endorphines et stimuler la production d’ocytocine. Regarder un film comique ou un spectacle d’humour peut être un excellent moyen de détendre l’atmosphère et d’encourager la dilatation du col.
- Se rendre à la piscine, prendre un bain : Se baigner permet de se détendre, de réduire les tensions musculaires et d’aider à la relaxation, ce qui peut favoriser l’ouverture du col.
- Marcher : Marcher ou changer de position pendant le travail permet au bébé de descendre dans le bassin. Une simple marche dans la pièce ou autour de la maternité peut avoir des effets positifs.
- Faire l’amour : Bien que ce soit un sujet parfois tabou, faire l’amour peut stimuler la production d’ocytocine et aider à la dilatation, grâce à la stimulation des contractions utérines. Par ailleurs, le sperme contient des prostaglandines naturelles, qui peuvent aider à ramollir le col.
- Massages : Les massages doux, notamment sur le bas du dos, peuvent apaiser les tensions et faciliter une meilleure circulation sanguine, contribuant ainsi à l’ouverture du col.
Éviter le stress et l’anxiété
Attention : le stress et l’anxiété peuvent bloquer la libération d’ocytocine et ralentir le processus. Il est donc important d’éviter les sources de stress. Y compris les proches trop anxieux ou les personnes qui projettent leurs peurs sur toi. Ces émotions peuvent avoir un impact négatif sur ton corps et sur l’avancée de ton enfantement.
Si tu te sens envahie par l’inquiétude de tes proches, n’hésite pas à les écarter temporairement. À leur demander de se détendre ou à les orienter vers des activités apaisantes. Le but est de créer un espace où tu te sens en sécurité. Ou tu te sens soutenue et libre de laisser ton corps suivre son propre rythme, sans tensions extérieures.
N’hésite pas à lire l’article sur les méthodes « naturelles » pour déclencher le travail, où ces pratiques sont un peu plus développées.
Les touchers vaginaux pendant le travail
Les touchers vaginaux ne sont pas nécessaires pendant le travail s’il s’agit d’un accouchement physiologique (d’autres signes indiquent l’avancement). Lors d’un accouchement médicalisé, ils sont souvent nécessaires car les autres signes sont moins visibles. Tu peux néanmoins les refuser dès que tu sens que c’est trop pour toi. Ce n’est pas nécessaire d’avoir un toucher vaginal toutes les heures pour vérifier l’avancée du travail.
Cependant, si tu choisis d’en accepter un, il est important de comprendre ce que cette pratique peut réellement t’apporter.
Lorsqu’on réalise un toucher vaginal, on va se concentrer sur la dilatation (ouverture) et l’effacement (amincissement) du col. Or, ces données sont souvent considérés comme des « instantanés », plutôt que des prédictions fiables de l’évolution du travail. Ces mesures ne te diront pas combien de temps il te faudra pour accoucher, ni comment accélérer le processus.
Il est, par exemple, tout à fait normal qu’une femme puisse rester à 7 cm pendant plusieurs heures. Une autre peut passer de 5 cm à 10 cm en 30 minutes. Certaines femmes peuvent être à 6 cm et accoucher dans les minutes qui suivent. D’autres peuvent rester à 10 pendant plusieurs heures, ce qui n’est pas inquiétant dans un enfantement physiologique. Dans un accouchement médicalisé, sous ocytocine de synthèse notamment, les contractions sont plus fortes et donc attendre des heures peut être compliqué, le bébé risque de fatiguer. Le corps est imprévisible et chaque enfantement est unique.
Le rôle de la station et de la position du bébé
Ce qui peut être plus utile lors d’un toucher vaginal, c’est d’observer la station et la position du bébé dans le bassin. La station renseigne sur la hauteur à laquelle se trouve le bébé dans le bassin, tandis que la position décrit l’orientation du bébé.
Ces informations sont plus précieuses que la dilation pour évaluer l’évolution du travail et comprendre comment le bébé se positionne pour la naissance.
D’autres signes de l’avancement du travail
Il existe plusieurs autres signes qui peuvent renseigner sur le bon avancement de l’accouchement, sans avoir recours à un toucher vaginal. Les sages-femmes formées aux enfantements physiologiques les connaissent.
Par exemple, l’apparition d’une ligne rouge ou violacée sur la peau des fesses, qui va de l’anus à au coccyx. Elle apparaît et s’allonge progressivement à mesure que leur col se dilate, signalant un bon avancement du travail. Une étude publiée en 1990 note une « corrélation significative entre la position de la tête fœtale et la longueur de la ligne rouge » .
Plus la ligne remonte vers ton coccyx, plus la dilatation est importante et plus le bébé descend. Lorsque la ligne atteint le haut des fesses, il ne reste probablement plus que quelques minutes avant la naissance.
L’essentiel c’est d’écouter ton corps
En résumé, la dilatation du col est un processus unique pour chaque femme, et plusieurs pratiques peuvent soutenir le corps dans son cheminement vers la naissance. La clé réside dans l’écoute de son corps et le soutien d’un environnement calme et détendu.
Il est essentiel de se rappeler que chaque moment de l’enfantement est précieux et que les signes, qu’ils soient physiques ou émotionnels, doivent être respectés. En restant ouverte, informée et entourée de soutien, tu peux créer un environnement propice à une expérience positive, même si le processus en soi est toujours imprévisible.
Sources :
- Byrne DL, Edmonds DK (1990). Clinical method for evaluating progress in first stage labour.
- Hobbs (1998). Assessing cervical dilatation without Vaginal Exams. Watching the purple line.
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Photo : Camylla Battani / Unsplash

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