L’accouchement à domicile assisté par une sage-femme est une option méconnue en France, mais tout à fait légale et possible. Alors qu’en France il reste marginal, dans d’autres pays comme les Pays-Bas, environ une femme sur huit choisit d’enfanter à la maison.
Les études montrent que, pour une grossesse physiologique, un enfantement à domicile accompagné d’une sage-femme formée aux urgences obstétriques est aussi sûr, voire plus sûr, qu’un accouchement à l’hôpital.
Comment organiser un accouchement à domicile ?
Choisir une sage-femme
Le premier défi est de trouver une sage-femme pratiquant l’AAD. Elles sont moins d’une centaine en France, en raison du manque de reconnaissance institutionnelle et de soutien financier.
Pour t’aider dans cette recherche, il existe l’annuaire des sages-femmes pratiquant l’AAD, disponible sur le site de l’APAAD. Cet annuaire te permet de voir quelles sages-femmes exercent dans ta région. Il est recommandé de contacter plusieurs sages-femmes rapidement, car elles sont très sollicitées et leur disponibilité peut être limitée.
Voici une liste de questions essentielles à poser à ta future sage-femme.
Deux grandes associations œuvrent pour la reconnaissance et le développement de l’AAD en France :
- Le Collectif de Défense de l’Accouchement à Domicile (CDAAD), qui milite activement pour la reconnaissance et la protection de cette pratique en France.
- L’ Association Professionnelle de l’Accouchement Accompagné à Domicile (APAAD), qui regroupe les sages-femmes pratiquant l’AAD et travaille à améliorer leur reconnaissance.
Ces associations militent pour une meilleure prise en charge de l’AAD et offrent des ressources précieuses pour les parents souhaitant se renseigner sur cette option. Chaque année, elles publient également les données de l’ensemble des AAD en France, ce qui permet d’avoir un bon retour d’expérience sur le niveau de risque.
Trouver le bon lieu
L’AAD peut se faire chez toi, mais aussi dans un autre lieu que tu choisis : une maison de famille, un gîte… L’essentiel est d’être proche d’un hôpital en cas de transfert et d’avoir une entente avec une maternité.
Créer un environnement bienveillant
Si tu envisages une naissance à domicile, il est important de t’entourer de professionnel.le.s et de proches bienveillants, qui accueilleront ce projet sans leurs propres peurs. Le stress et l’anxiété peuvent perturber la production d’ocytocine, essentielle au bon déroulement du travail.
Quels sont les avantages et inconvénients de l’AAD ?
Avantages
- Un environnement sécurisant, favorable à un enfantement physiologique, souvent plus court et moins douloureux.
- Aucune intervention inutile : pas de perfusion, pas de monitoring en continu, pas de restriction sur la mobilité.
- La liberté de choisir les personnes présentes.
- Tu peux manger, boire, bouger comme tu le souhaites.
Inconvénients
- Trouver une sage-femme pratiquant l’AAD peut être difficile.
- Uniquement pour les grossesses physiologiques (sans complications majeures).
- Faire face aux peurs des proches et du corps médical, souvent fondées sur des croyances plus que sur des faits scientifiques.
- La gestion d’un transfert en cas de nécessité (bien que rare) peut être une source de stress, d’où l’importance d’une bonne préparation avec la sage-femme.
Comment se passe un transfert en cas de besoin ?
Bien que l’AAD soit sûr pour une grossesse physiologique, un transfert peut être nécessaire dans environ 10 % des cas. Ce transfert se fait en coordination avec la sage-femme, généralement en voiture personnelle ou en ambulance selon l’urgence. La majorité des transferts concernent une stagnation du travail nécessitant un accompagnement médical.
Comment impliquer ton ou ta partenaire ?
Un enfantement à domicile demande une préparation spécifique du ou de la partenaire. Il est essentiel qu’il ou elle soit à l’aise avec ce choix et travaille sur ses propres peurs. Ce n’est pas un inconvénient, mais un beau cadeau à s’offrir avant la naissance de son enfant !
Si tu as besoin de ressources pour préparer ton/ta partenaire, n’hésite pas à m’envoyer un petit message. Je t’enverrai une liste de ressources simples et accessibles adaptées à tout type de profils !
Et les autres enfants ?
Si tu as déjà des enfants, tu peux choisir de les inclure dans l’expérience ou d’organiser leur prise en charge ailleurs. C’est un choix libre et adaptable à chaque famille.
Accouchement non assisté (ANA) : une autre possibilité
Certaines personnes choisissent d’enfanter sans assistance médicale : on parle d’accouchement non assisté (ANA) ou d’enfantement libre. Cette option demande une préparation approfondie, à la fois émotionnelle, logistique et physiologique. Il est essentiel de bien se renseigner sur le processus de la naissance et d’avoir accès à des ressources fiables.
Cependant, l’ANA peut poser des défis administratifs, notamment pour la déclaration de naissance. En France, l’absence de professionnel de santé au moment de l’accouchement peut compliquer l’obtention de l’acte de naissance. Il est donc important d’anticiper ces démarches et de se renseigner auprès des mairies. Le guide Accoucher en liberté est une ressource précieuse pour celles et ceux qui s’y intéressent.
Quels sont les autres lieux possibles pour un accouchement ?
Si l’AAD n’est pas une option pour toi, d’autres alternatives existent :
- Plateau technique : une sage-femme libérale accompagne l’accouchement dans une salle dédiée d’un hôpital.
- Maison de naissance : entre la maison et la maternité, un cadre médicalisé mais respectueux de la physiologie.
- Maternité : avec un accompagnement personnalisé si tu trouves l’équipe adéquate.
De plus en plus de parents intéressés par l’AAD
Selon un sondage IFOP de janvier 2021, 17 % des Françaises de 18 à 45 ans souhaitent accoucher à domicile si cela était plus accessible, et 19 % y sont favorables. Ce qui signifie que plus d’une femme sur trois se dit intéressée par l’AAD, si les conditions le permettaient.
Dans d’autres pays comme les Pays-Bas, où l’AAD est plus soutenu et encadré, près de 12 % des naissances ont lieu à domicile. Cette différence montre qu’avec un meilleur accompagnement institutionnel, davantage de parents pourraient faire ce choix en toute sérénité.
À vos contributions !
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